Josiane Saucier
L’artiste explique que sa sculpture se dresse telle une sentinelle, enfermant dans son armature tous ces fragments oubliés en un mouvement immortel, une histoire sans fin de profondeurs égarées… Elle rappelle que dans toute histoire, imaginaire ou réelle, l’oubli joue un rôle. Il permet des lieux enfouis qui parfois surgissent sans crier gare. Reprenant son droit sur le temps, précisant des détails, il orne le récit d’un nouveau chapitre.
Un lieu commun se précise ici entre ce qui est raconté et ce qui reste dans le silence, la mémoire et l’oubli. Une forme en émerge, mobile et silencieuse, sa chevelure suivant le rythme de l’air comme autant de capteurs sensibles, prêts à percevoir l’essence de l’histoire.
Deux structures d’acier de forme identique, assemblées l’une sur l’autre, composent cet ensemble partiellement plein et vide. Sa partie inférieure, ancrée au sol, se présente de façon linéaire et organique. Elle dessine une trame séquencée de tubulaire soudée à la structure squelettique. Des espaces, des vides se forment telle une histoire incomplète. Il est impossible d’en comprendre l’intégralité.
Cette muse se déplace lentement dans nos oublis, ceux qu’elle tente de faire resurgir quand le moment est propice…